Mariata Sy « J’ai entretenu des relations sexuelles pour acheter une robe le jour de mon anniversaire »





Les nommés Soukarou Adamou, âgé de 25 ans, Gora Sall, âgé de 34 ans, Mariata Sy, 21 ans, , Maïmouna, 31 ans, étudiante, et Khady, 22 ans également étudiante, ont comparu à l’audience du tribunal de grande instance de Dakar pour usurpation d’identité numérique, incitation à la débauche et prostitution sans carnet sanitaire.

Tout est parti d’une dénonciation de la nommée Fatou Diome face au harcèlement dont elle était victime de la part d’un proxénète qui l’incitait à la prostitution clandestine. Suite à cette plainte, la Sûreté urbaine de la police a déclenché une enquête. La demoiselle était en contact avec Soukarou Adamou qui l’a mise en rapport avec Gora Sall à la Cité Mixta.

« J’ai créé un faux compte sous le nom de Maimouna avec une photo que j’avais ramassée dans la rue. A travers mon activité, j’ai mis Mariata Sy en rapport avec des clients moyennant des commissions. Quant les hommes sont contents, il m’envoient de l’argent », a reconnu le chef cuisiner en chômage à cause de la Covid. « Je mettais Gora Sall en rapport avec les filles pour des rapports sexuels et il m’envoyait 7000 F », a soutenu Adama.

Ce qu’a nié Gora Sall qui dit qu’il l’a mis en rapport avec les filles pour des relations amoureuses parce qu’il était à la recherche d’une femme pour un projet de mariage. Et non pour qu’il entretienne avec elles des rapports tarifés. Selon, Mariata Sy, 21ans, Adamou l’a mise en rapport avec des clients pour des relations sexuelles. « J’ai entretenu des relations sexuelles pour acheter une robe le jour de mon anniversaire », a soutenu Mariata Sy.

Selon qui le proxénète s’est présenté comme étant une fille et répondant au nom de Maimouna sur ses profils Facebook et WhatsApp. « Je n’ai jamais su que, pour entretenir des relations sexuelles tarifiées, il fallait avoir des papiers. Je suis en formation », s’est-elle défendue. Maimouna Cissé et Khady Mbaye ont été mises en rapport avec des hommes pour entretenir des relations sexuelles. « Je ne sais même pas pourquoi j’ai créé le profil, c’était dans les temps difficiles du Covid. Je ne travaillais pas et je me suis engagé dans cette activité. Je discutais avec Fatou Diome sur Facebook, elle m’a remis son numéro on a continué sur WhatsApp. Je l’ai mise en rapport avec Gora, elle m’a donné les numéros de deux de ses copines du Centre Guindi. Je ne sais plus le nombre de filles que j’ai entraînées dans la prostitution car certaines partent et d’autres viennent. Gora Sall me demandait des tailles fines, Djamil des filles propres de 16 à 17 ans. Je regrette, ce sont des difficultés de la vie qui m’ont poussé à commettre ces actes. Je ne fume pas et je ne bois de l’alcool. C’est une erreur de jeunesse. Je ne vais plus le refaire », a regretté Soukarou Adamou.

« J’ai entretenu des relations sexuelles pour acheter une robe le jour de mon anniversaire »
La parquetière a conseillé aux jeunes filles d’arrêter de faire dans le paraître. Car, même les prostitués regrettent aujourd’hui de s’adonner au plus vieux métier du monde. « Quand on se vend, il faut des papiers. Lorsqu’Adamou vous a donné rendez-vous, vous saviez bien que vous deviez aller entretenir des relations sexuelles. C’est de la prostitution. C’est de se donner en contrepartie de l’argent », a réprimandé la parquetière aux jeunes filles appréhendées lorsqu’elles ont été appelées par Adamou au téléphone lors de son arrestation pour un rendez-vous avec des clients.

Soukarou Adamou était poursuivi pour le délit de proxénétisme. Il a commencé ses activités lorsqu’il a perdu son travail en pleine pandémie de covid. Il a incité les filles à la débauche. Il les invitait à entretenir des relations sexuelles en échange de l’argent qu’elles percevaient et des commissions qu’il touchait.

La procureure a requis deux ans ferme contre Soukarou Adamou, deux ans dont un an ferme contre Gora Sall et deux ans dont 6 mois ferme à l’encontre des filles. Quant aux conseils de la défense, ils ont jugé le réquisitoire du ministère public trop sévère. « Il n’ y a aucun acte contraire à la demande de Gora Sall. Il voulait sortir avec ces filles pour un projet de mariage. La responsabilité pénale est individuelle, chacun est jugé par rapport à l’acte posé », a plaidé le conseil de Gora Sall qui a sollicité à titre principal le renvoi de son client des fins de la poursuite sans peine ni dépens et, à titre subsidiaire, l’application bienveillante de la loi pénale.

Le conseil d’Adamou a fait amende honorable et a sollicité une application bienveillante de la loi pénale pour son client. Selon lui, une faute reconnue est à moitié pardonnée. Plaidant la vulnérabilité des jeunes filles, Mes Guèye et Kayossi ont soutenu que la pauvreté est le lit de tous les défauts mais ne saurait justifier certains comportements.

« En voulant coûte que coûte acquérir des choses dont elles n’ont pas les moyens, elles ont pris une voie facile et elles constituaient une proie pour leurs prédateurs. Si l’affaire n’avait pas été découverte, elles seraient toujours dans ce sentier tortueux. Elles souffrent déjà d’être la risée de leurs voisins et la honte de leurs parents », a soutenu Me Kayossi qui a demandé au tribunal de tendre la perche à ses clientes en leur faisant une application bienveillante de la loi pénale.

Pour finir, le tribunal a relaxé Gora Sall et condamné les filles à six mois assortis du sursis. Quant au proxénète Soukarou Adamou, il a pris six mois de prison ferme, rapporte Le Témoin qui a assisté à l’audience.

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