Tentatative d’escroquerie sur des deniers publics: les suspects voulaient verser de fausses quittances à la perception de Dakar





Deux transitaires et un passeur de pièces au Port ont été attraits, le 19 février 2021, à la barre des flagrants délits de Dakar pour tentative d’escroquerie portant sur des deniers publics et faux et usage de faux dans un document administratif. Ils sont accusés d’avoir versé de fausses quittances à la Perception.

Après le démantèlement d’un réseau de faussaires en janvier 2020, les responsables de la Perception de Dakar Port qui croyaient en avoir fini avec les fausses quittances ont vite déchanté. Courant janvier 2021, ils ont été confrontés au même problème avec la découverte d’une quittance frauduleuse. Ledit document a été versé par A. Fame, en guise de paiement d’une liquidation évaluée à 2 millions de FCfa. Le prévenu devait payer une pénalité par rapport à un véhicule sous-déclaré. À cet effet, il avait sollicité l’intervention d’un de ses amis qui avait réussi à lui faire bénéficier d’une réduction de 100.000 FCfa. Pour le paiement, il avait remis 1.200.000 FCfa à son collègue E. H. K. Diaby qui est revenu lui remettre une quittance. À l’en croire, le sieur Diaby l’a rassuré de l’authenticité du document en lui disant qu’il a été délivré par le Trésor. Cependant, contre toute attente, au bureau des douanes, on lui a révélé que la quittance était fausse. Bien qu’il ait payé 2 millions, il a été arrêté au moment où, dit-il, «il tentait de régler l’affaire à l’amiable ». Entendu, Diaby s’est défaussé sur I. Ngom en soutenant que c’est ce dernier qui était parti payer au Trésor. «Il m’a proposé de lui remettre mon dossier pour apurer la dette qu’il me devait. Aussi, il m’a rassuré détenir des avoirs au Trésor », s’est-il défendu. I. Ngom a déclaré que la quittance lui a été remise par un certain Petit et que ce dernier a disparu. Le Percepteur a réfuté les déclarations des prévenus en indiquant qu’on ne paie jamais une liquidation complémentaire par un avoir. Ce qui a fait dire à l’agent judiciaire de l’État, Moussa Thiam, qu’il s’agit « d’un réseau de faussaires qui constitue un véritable fléau pour notre économie ». Pour lui, il y a bel et bien tentative d’escroquerie portant sur des deniers publics. Il a réclamé la somme de 10 millions de FCfa pour le préjudice subi par le Trésor. Face à la peine de 2 ans dont 6 mois ferme requise par le parquet, la défense a plaidé la relaxe. Le jugement sera rendu vendredi prochain.

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